1 Mai 2020

La doctorante Alice Friser est lauréate du prix de thèse AIMS 2020

La doctorante Alice Friser est lauréate du prix de thèse AIMS 2020

La doctorante Alice Friser, qui a soutenu sa thèse le 6 février 2019 sous la direction des professeures Olga Navarro-Flores et Corinne Gendron, a obtenu le prix de thèse AIMS 2020 pour son travail doctoral intitulé: « Éviter la controverse : un regard institutionnaliste sur les habiletés d’une industrie proactive au Canada ».

L’originalité de son sujet et l’approche proactive et positive avec laquelle elle l’a abordée lui ont permis de se démarquer d’entre ses pairs.

Le sujet qu’a traité Alice Friser est très important en management stratégique, car il concerne tous les acteurs en prise avec des enjeux à controverse, situation de plus en plus fréquente dans de nombreuses industries. Son travail d’articulation théorique de différentes grilles de littérature qui s’enrichissent mutuellement (mouvements sociaux, entrepreneuriat institutionnel et logiques institutionnelles), ainsi que la stratégie narrative d’analyse de données, jointe à l’analyse de contenu d’un matériau empirique très riche a particulièrement plu. Ceci lui a permis de restituer de manière très détaillée les stratégies mises en place au sein de l’industrie tourbière pour éviter une controverse sans l’étouffer, mais au contraire en co-construisant son acceptabilité sociale.

La thèse d’Alice Friser dans ses grandes lignes

Cette thèse se penche sur le cas de l’industrie tourbière, en Angleterre et au Canada, pour comprendre par quelles stratégies et dans quelles conditions il est possible d’empêcher la diffusion d’une controverse environnementale.

L’extraction de tourbe nécessite de drainer et d’assécher des tourbières qui sont des milieux humides de plus en plus rares et d’une importance capitale pour l’environnement, notamment parce qu’elles constituent d’excellents puits de carbone. Mais si cette activité est controversée en Angleterre depuis les années 1990 et depuis fortement réglementée, elle y est méconnue au Canada. Ce qui surprend puisque le pays est second producteur de tourbe au monde. Partant de ce constat, au moyen d’une revue de presse et de vingt-six entrevues semi-dirigées, cette thèse documente le processus de mise sur agenda des groupes écologistes canadiens les plus susceptibles de critiquer l’industrie depuis les années 1990, et elle met en évidence les pratiques et les discours que celle-ci mobilise depuis cette date pour s’attirer le soutien des acteurs de ses champs organisationnel et institutionnel.

Cette étude montre que l’industrie tourbière canadienne, soucieuse d’éviter la controverse, a intégré de façon proactive les critiques qu’avait subies l’industrie tourbière européenne, et les attentes des acteurs clés de son champ institutionnel. Pour ce faire, l’industrie a adopté une solide démarche de responsabilité sociale basée sur la science, en co-construisant avec ces acteurs de façon incrémentale des micro-institutions qui matérialisent leur opinion favorable à son égard, les incitent à rester mobilisés en sa faveur et motivent de nouveaux acteurs à en faire autant. Notamment, cette industrie est à l’origine de la création d’un nouveau domaine de recherche, la restauration tourbière, dont les principaux protagonistes — les scientifiques — sont devenus les plus ardents défenseurs, et les garants des efforts et de la bonne image de l’industrie.

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