12 Novembre 2020

Le prix de la relève professorale en recherche 2020 pour Catherine Haeck

Catherine Haeck, professeure au Département des sciences économiques de l’ESG UQAM, est la lauréate du prix de la relève professorale en recherche 2020. Retour sur un parcours enrichissant qui l’a amenée à travailler sur le capital humain.

Un des axes principaux de la recherche de Catherine Haeck porte sur le développement du capital humain des enfants et sur la transmission intergénérationnelle du revenu et de l’éducation. « Je cherche à comprendre le lien entre les inégalités observées durant la petite enfance et le parcours professionnel qui s’ensuit. Comment l’éducation parentale et les politiques et programmes peuvent avoir une influence. »

La chercheure travaille sur des microdonnées confidentielles représentatives de la population de Statistique Canada et de l’Institut de la statistique du Québec. « Avec l’Institut national de santé publique du Québec dans un comité sur la prévention de l’obésité, nous évaluons les impacts potentiels de la taxation des boissons sucrées au Québec grâce notamment aux données de scanneurs d’épicerie. J’ai aussi mené des travaux sur la taille des classes et le développement cognitif et social des enfants de maternelle. » COVID-19 oblige, la professeure s’intéresse actuellement à l’impact de la pandémie sur le travail des parents et sur les inégalités de réussite des enfants.

Elle collabore également avec la Fondation OLO qui aide les parents et leurs enfants à acquérir de saines habitudes alimentaires. L’organisme a mis en place une grande initiative sur les 1000 premiers jours de vie des enfants. « Cette collaboration a mené à un de mes projets les plus valorisants. En utilisant les microdonnées administratives sur les naissances au Québec, j’ai pu évaluer l’impact du programme OLO sur les enfants au moment de leur naissance. »

Catherine Haeck est d’ailleurs directrice du laboratoire du Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS)-UQAM-INRS. Ce laboratoire, hyper sécurisé, héberge les données dénominalisées de Statistique Canada. Il permet de mener des recherches de pointe avec des données administratives sans compromettre la sécurité des renseignements personnels. « Ce qui guide ma recherche et mes collaborations est de répondre à des questions touchant principalement les familles avec des enfants et pouvant avoir un impact direct sur leur bien-être en utilisant des données de qualité représentatives de la population. » Au cœur de sa recherche, on retrouve toujours le souci d’identifier des relations de causalité.

Montréal – Leuven– Montréal

Avec des racines belges, Catherine Haeck s’est naturellement dirigée vers le « plat pays ». « J’ai passé six années en Belgique et j’ai adoré mon expérience! J’y ai fait ma maîtrise et mon doctorat à la "Katholieke Universiteit Leuven". Mais c’est un cours en inférence causale à l’Université de Gand qui a vraiment scellé mon destin de chercheuse. Dans ce cours j’ai compris ce que je voulais faire, et j’ai surtout appris à utiliser les outils pour le faire ». Après cette aventure internationale, la professeure, originaire de Rosemont, est revenue dans sa ville natale. « Je voulais faire de la recherche dans un environnement que je connaissais. Je suis donc retournée à Montréal, car la compréhension du milieu est essentielle au type de recherche que je fais ».

L’enseignement : une affaire de famille

L’univers familial dans lequel l’économiste a grandi a façonné sa carrière, « Mes parents étaient tous les deux de brillants enseignants. L’éducation, l’apprentissage, le développement des aptitudes de chacun étaient au cœur de nos discussions à la maison » explique-t-elle. « En étudiant l’économie, je voulais comprendre le fonctionnement de notre société. Au cœur de l’économie se trouve une idée centrale : utiliser nos ressources limitées de manière à maximiser le bien-être collectif. » Durant son parcours, l’enseignement est rapidement apparu comme une priorité, « C’est la base sur laquelle solidifier le bien-être collectif et assurer la prospérité. Je désirais comprendre quelles interventions du gouvernement pouvaient contribuer positivement au développement et à la réussite des enfants et de leurs parents. Mais aussi comprendre le rôle de l’éducation dans les processus de transmission intergénérationnelle. »

Pour voir la capsule vidéo de Catherine Haeck, lauréate du prix de la relève professorale en recherche 2020

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