27 Avril 2021

Acceptabilité sociale et controverses

Loin d'être contreproductives, les controverses entourant les grands projets peuvent nourrir les réflexions liées au concept d'acceptabilité sociale.

La professeure du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'ESG UQAM Corinne Gendron et son équipe avaient organisé un premier colloque portant sur l'acceptabilité sociale des grands projets, en 2016, dans le cadre du congrès de l'Acfas. «Il s'agissait de définir ce qu'est l'acceptabilité sociale, tandis que cette année, nous avons lié le concept à la thématique des controverses pour faire le pont avec différents travaux ayant été réalisés depuis ce temps», souligne Alice Friser (Ph.D. administration, 2019). Professeure à l'UQO depuis l'an dernier, la diplômée est coresponsable avec la professeure Gendron du colloque «Acceptabilité sociale et controverses : repenser la participation citoyenne au débat public», qui a lieu les 4 et 5 mai.

Alimenté par les réflexions issues du groupe de chercheurs et chercheuses en responsabilité sociale et développement durable (CRSDD) dirigé par Corinne Gendron, le colloque sera divisé en trois thématiques: la participation citoyenne au débat public, l'acceptabilité sociale, et les controverses et l'expertise scientifique. «Les controverses constituent un vecteur d'apprentissage et de progrès, explique Alice Friser, dont la thèse portait sur le sujet. En les analysant, on peut découvrir des aspects nous permettant d'alimenter le dialogue entre les gens, même si a priori leurs positions semblent irréconciliables.»

L'organisation logistique du colloque a été confiée à Jean-David Perron et Pierre-Luc Fortier, candidats à la maîtrise en sciences de la gestion, spécialisation responsabilité sociale et environnementale. «Le colloque met de l'avant une vision de l'acceptabilité sociale favorisant la prise de décisions démocratiques, en opposition à un outil d'aide à la décision qui ne serait destiné qu'aux gestionnaires, précise Jean-David Perron. Pour réfléchir et témoigner de cette vision, nous avons invité à la fois des chercheurs et chercheuses, mais aussi des gens œuvrant sur le terrain à titre de consultants pour des entreprises ou au sein d'instances de démocratie intermédiaire, qui sont de ce fait impliqués dans la relation avec les citoyens.»

La conférence d'honneur du colloque sera donnée le 4 mai par Brigitte Fargevieille, responsable pôle appui projets et métiers chez groupe Électricité de France. Elle prononcera une conférence intitulée «La concertation: alibi ou appui démocratique au développement économique?».

«Pour la thématique portant plus spécifiquement sur l'acceptabilité sociale, il y aura à la fois un volet théorique et conceptuel, puis un volet présentant des cas pratiques, précise Pierre-Luc Fortier. Quelques étudiants impliqués au CRSDD y présenteront leurs travaux.» La diplômée Marie-Ève Maillé (M.Sc. sciences de l'environnement, 2009; Ph.D. communication, 2013), coautrice de l'ouvrage Acceptabilité sociale: sans oui, c'est non (Écosociété, 2017), participera aussi au volet conceptuel. Une table ronde intitulée «La participation comme vecteur de changement, au niveau local comme à l’international», viendra clore le colloque le 5 mai.

«Il y a encore beaucoup de débats sur la définition de l'acceptabilité sociale, rappelle Corinne Gendron. Certaines personnes se revendiquent de l'acceptabilité sociale sans avoir saisi de quoi il en retourne véritablement, et d'autres la rejettent d'emblée, car elles croient qu'il ne s'agit que de stratégies visant à leur imposer des décisions préjudiciables. Nous souhaitons dépasser cette dichotomie et voir au-delà des luttes et des conflits, lesquels peuvent être, malgré tout, porteurs de progrès.»

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