12 Octobre 2021

Entretien avec un.e post-doctorant.e : Myriam Guillemette – L’après Covid-19 : Quels enseignements sur l’aménagement urbain pour la mobilité active?

La COVID-19 a apporté son lot d’aménagement du territoire dans de nombreuses métropoles. Myriam Guillemette s’intéresse à l’acceptabilité sociale face à ces initiatives. Entretien avec la post-doctorante.

Pistes cyclables, couloirs sanitaires ou piétonnisation, les aménagements ont été nombreux depuis le début de la pandémie. Ceux-ci ont permis aux municipalités d’encourager la mobilité active des citoyens. Pour autant, certains aménagements n’ont pas toujours été compris ou acceptés par les citoyens. Durant son post-doctorat, Myriam Guillemette travaille sur l’acceptabilité sociale face à ces transformations du territoire.

L’accessibilité sociale face à la transformation des villes

Pour bien comprendre les enjeux, la post-doctorante a analysé les conséquences des différents aménagements en collaboration avec l'Association Pour la Santé Publique du Québec et l'organisme Montréal Physiquement active. « Les aménagements vont des corridors sanitaires aux voies actives sécuritaires. On observe et essaye de comprendre les réticences face à ceux-ci.  Certaines initiatives ont été plus ou moins bien accueillies par les citoyens. À partir de là, on a pu dégager des bonnes pratiques afin de les appliquer en cas de nouvelles crises. L’objectif est de comprendre quels principes permettent d’accroitre l’acceptabilité sociale face à ces aménagements. »

La post-doctorante s’appuie sur une méthodologie qualitative mixte qui comprend une recension de la littérature grise, une analyse des discours de presse montréalais (entre le 1er avril 2020 et le 1er avril 2021) et des entretiens semi-dirigés avec des experts du milieu.

Revitalisation des villes de compagnies

Alors que Myriam Guillemette termine son premier post-doctorat, elle planche déjà sur le suivant : Les villes de compagnie et l'art de l'urbanisme, de la Seconde Révolution industrielle à la Deuxième Désindustrialisation. « Il s'insère dans le projet Deindustrialization and the Politics of our Time, mené par Steven High de l'Université Concordia. Nous étudions plus précisément les procédés de désindustrialisation dans un environnement numérique. On s’intéresse par exemple aux compagnies minières qui ont créé leur propre ville avant de plier bagage. Nous observons ce que deviennent ces villes et leur population depuis que les entreprises sont parties. À partir de cela, nous cherchons à voir les possibilités de garder ce patrimoine et de valoriser cette histoire pour que cela devienne un vecteur économique. Par exemple, en développant l’industrie touristique ».

Au niveau de la méthodologie, « Nous avons recours aux Spatial Humanities (environnement numérique) pour constituer une base de données cartographique (deep mapping) soit, un musée virtuel interactif sur les villes de compagnies. Il prend également en compte les parcours commentés qui est mon champ d'expertise ».

Des vieux livres, SimCity et l’hiver

Après avoir fait un bac en études urbaines à Université de York à Toronto, elle a effectué une maîtrise en urbanisme à l’UDEM et un doctorat en études urbaines à l’ESG UQAM.

La passion pour la recherche et l’urbanisme est apparue bien avant le début de ses études. « J’ai décidé de faire un doctorat quand j’avais 16 ans (rires)! J’avais une image enfantine de la recherche, je me voyais découvrir des vieux livres à la bibliothèque en portant un cardigan. En travaillant par la suite comme auxiliaire de recherche, cela m’a conforté dans l’envie d’en faire ».

« Mon intérêt pour l’urbanisme est apparu dans le jeu vidéo SimCity (jeu vidéo dont l’objectif est de construire et gérer sa propre ville). Ce jeu a été la raison pour laquelle j’ai voulu me lancer en urbanisme (rire). » Un de ses autres centres d’intérêt est l’hiver québécois, « Durant ma thèse, je me suis intéressée à l’hiver et au patrimoine. J’essaye de comprendre à quel point l’identité montréalaise que ce soit personnel ou touristique est affectée par l’hiver. Peut-être que cela est dû à l’absence d’identité alors on s’est basé sur l’hiver pour en créer une. Donc j’essaye de comprendre comment cette identité hivernale a évolué dans le temps ».

Actuellement chercheure à la Chaire UNESCO en paysage urbain. Elle travaille sur des sujets comme le design urbain, le réaménagement des grands fleuves ou encore l’inclusion de l’intelligence numérique en urbanisme. En attendant de débuter son 2e post-doctorat, elle termine la rédaction d'un article sur l’acceptabilité sociale face aux aménagements urbains durant la crise pour les Cahiers de Géographie du Québec.

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