12 Août 2021

Le professeur Ugo Lachapelle cosigne une étude sur les effets de la réduction des limites de vitesse au Québec

Photo : Getty / Images

Au cours des dernières années, la réduction des limites de vitesse sur le réseau routier québécois a généré des effets bénéfiques sur les risques d’accidents graves et mortels, révèle une étude menée par les professeurs Marie-Soleil Cloutier, de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), et Ugo Lachapelle, du Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG UQAM. Les résultats de cette recherche, financée par le ministère des Transports du Québec, sont présentés dans l’article « The Effect of Speed Reductions on Collisions : A Controlled Before-and-After Study in Quebec, Canada », paru en juillet dernier dans le Journal of Transport & Health.

L’étude indique une tendance à la baisse du nombre de collisions sur tous les segments routiers analysés en milieux rural et périurbain, un constat qui correspond à l’amélioration du bilan routier observée au cours des dernières années. Les deux chercheurs montrent que les segments présentant des limites de vitesse à 80 ou à 90 km/h et ayant subi une réduction de leur limite d’au moins 20 km/h sont ceux ayant connu une diminution du nombre de collisions et de la vitesse moyenne pratiquée la plus importante. « Plus la réduction de vitesse était grande, et plus la vitesse préalable était élevée, plus on a observé une diminution des collisions », note Marie-Soleil Cloutier, experte en sécurité routière et autrice principale de l’étude.

Les professeurs ont mené leur recherche en utilisant des données du ministère des Transports qui couvraient les années 2006 à 2013 et qui concernaient les routes sous sa juridiction (c’est-à-dire les routes principales à numéros) se trouvant partout au Québec. Les deux chercheurs ont mis en commun plusieurs bases de données à partir de la localisation spatiale des segments de rue. Cela leur a permis d’analyser les effets des différents changements de limite de vitesse sur le nombre de collisions comptabilisant au moins un décès ou un blessé grave.

« Un des défis a été de créer une méthodologie permettant danalyser des changements de vitesse sur le réseau à différents moments dans le temps et dans différentes circonstances, observe Ugo Lachapelle. Étant donné qu’il n’y a pas de politique provinciale de réduction de vitesse, cette approche pourra continuer à être appliquée pour documenter les impacts et justifier une politique plus systématique. »

Les demandes par les municipalités de modifier les limites de vitesse sur le réseau du ministère des Transports ont été de plus en plus nombreuses au fil des ans, rappellent les chercheurs.

Une étude unique

Au Québec, peu d’études récentes portent sur les liens entre la réduction des limites de vitesse, l’environnement routier, les vitesses pratiquées et la sécurité, alors que la vitesse est reconnue comme étant l’un des principaux facteurs favorisant les collisions.

Les deux professeurs espèrent que leurs résultats serviront à bonifier les procédures existantes et à mettre à jour les guides techniques sur la vitesse afin d’aider la prise de décision du ministère et des municipalités en matière de modification des limites de vitesse.

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