15 Novembre 2022

Lucie K.Morisset remporte le Prix du Québec

L’historienne de l’architecture Lucie K. Morisset, professeure au Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG UQAM, est la lauréate 2022 du prix du Québec Gérard-Morisset. Ce prix prestigieux est attribué à une personne pour sa contribution remarquable à la sauvegarde et au rayonnement du patrimoine québécois. Les prix du Québec représentent la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec en culture et en science.

Spécialisée dans l’étude de la ville et de ses représentations, Lucie K. Morisset se distingue, notamment, par son approche transdisciplinaire, à la fois historique, théorique et pratique, liant l’expertise scientifique à l’expérience des résidents et des résidentes ainsi que des propriétaires d’immeubles patrimoniaux. Affectionnant tout particulièrement les ensembles planifiés et l’architecture vernaculaire du 20e siècle, elle œuvre depuis plus de 30 ans à la reconnaissance et à la préservation du paysage construit de plusieurs villes et régions québécoises, entre autres à Québec et au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ses travaux sur le patrimoine industriel, le patrimoine religieux, l’histoire du patrimoine ou encore le tourisme constituent une contribution majeure au rayonnement de l’héritage culturel du Québec.

«Cet honneur m’oblige à me mesurer à la grande lignée de celles et ceux qui ont fait exister le patrimoine au Québec et qui, à l’instar de Gérard Morisset, ont montré que le Québec n’avait rien à envier aux “vieux pays”. C’est une invitation à faire plus et mieux, pour continuer de faire exister le patrimoine, d’enrichir le sens que porte notre environnement », déclare la professeure.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain et chercheuse au Centre Cultures – Arts – Sociétés de l’Université Laval, Lucie K. Morisset met en évidence le rôle joué par le patrimoine dans la société en exposant les liens entre l’identité et la culture dans l’environnement bâti. Pour la lauréate, «le patrimoine n’est pas un ornement dans la ville ou le village ni une simple manifestation culturelle: c’est un morceau de milieu de vie qui construit l’attachement des personnes à un territoire».

La chercheuse de renommée internationale a publié plus de 200 articles et une quinzaine d’ouvrages, dont Territoires d’identité: les villes de compagnie du Canada (2019), Des régimes d’authenticité: essai sur la mémoire patrimoniale (2009) et Les églises du Québec: un patrimoine à réinventer (2005), avec son collègue Luc Noppen, professeur au Département d’études urbaines et touristiques et proche collaborateur depuis trois décennies. Elle a aussi dirigé de nombreuses publications collectives, dont La ville: phénomène de représentation (2011) et L’architecture de l’identité (2021).

Également organisatrice et coordonnatrice d’importants projets d’étude et de mise en valeur, Lucie K. Morisset s’est particulièrement intéressée au rôle du patrimoine dans le développement local, surtout dans un contexte de désindustrialisation et de décolonisation. Ses recherches font d’elle une référence majeure dans la compréhension de l’héritage de l’ère industrielle. Ses écrits sur la théorie du patrimoine ont aussi grandement influé sur la manière dont on considère et préserve le patrimoine dans plusieurs régions du monde. La chercheuse se dit fière « d’avoir contribué à faire évoluer la compréhension du patrimoine en tant que construit social, en situant le Québec et ce qu’on y fait, en français, sur la scène internationale».

La ville d’Arvida occupe une place de choix dans les travaux de Lucie K. Morisset. La professeure a développé une véritable passion pour la capitale mondiale de l’aluminium, déclarée site patrimonial par le gouvernement du Québec en 2017. Elle lui a consacré plusieurs conférences, articles et ouvrages, dont Arvida: cité industrielle (1998) et Les maisons d’Arvida (2022). Dans ses interventions comme dans ses publications, elle expose l’unicité et l’influence, sur le reste de l’Amérique et du monde, de cette ville construite de 1926 à 1948 pour accueillir les travailleurs de l’aluminerie Alcan.

L’apport de la professeure à la formation de la relève est également remarquable. Elle a supervisé plus de 80 thèses de doctorat et mémoires de maîtrise, accueilli de nombreux stagiaires postdoctoraux étrangers et dirigé une centaine d’auxiliaires de recherche.

Membre de la Société royale du Canada, Lucie K. Morisset a mérité plusieurs prix et distinctions, dont le Prix d’excellence en recherche de l’Université du Québec, le Prix de la Francophonie (AUF) en sciences humaines et sociales et le prix Robert-Lionel-Séguin 2021 de l’Association des propriétaires et amis des maisons anciennes du Québec (APMAQ). Créé en 1984, ce prix souligne la contribution exemplaire d’une personne qui, par la restauration, l’animation, l’enseignement ou la production d’écrits, a œuvré à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine bâti du Québec.

La remise des prix du Québec aura lieu le 30 novembre prochain à Québec. En plus de l’hommage qui leur sera rendu, les récipiendaires recevront une bourse de 30 000 dollars.

 

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