L’ESG UQAM a accueilli l’Hon. Amina Gerba, M.B.A., C.Q., sénatrice indépendante pour le Québec et diplômée du MBA de l’École, dans le cadre d’une Grande conférence réunissant étudiant.e.s, professeur.e.s et professionnel.le.s du milieu. L’événement s’est tenu au Pavillon de l’entrepreneuriat et de l’innovation, en présence du doyen, Komlan Sedzro.
Animée par Geneviève Fournier, MBA, vice-présidente et cheffe Expérience client chez Athos Services Commémoratifs, la rencontre a proposé un échange autour des transformations du développement international, à partir du parcours et de l’expérience de la sénatrice.
Un modèle en transformation
En ouverture, Amina Gerba est revenue sur son parcours à l’ESG UQAM, où elle a complété un baccalauréat puis un MBA, rappelant le rôle déterminant de cette formation dans son cheminement.
« C’est ici que j’ai acquis les outils intellectuels et analytiques qui ont façonné ma compréhension du monde des affaires, des relations internationales et du développement économique. »
Forte de plus de 25 années d’expérience dans le monde des affaires, avec un ancrage en commerce international et en développement de marché, notamment en Afrique, elle a inscrit son intervention dans un contexte marqué par une évolution des modèles de développement.
« Nous passons progressivement d’un modèle largement fondé sur l’aide publique à un modèle où l’investissement, l’entrepreneuriat et les partenariats économiques deviennent des leviers centraux de transformation. »
Pendant plusieurs décennies, l’aide publique au développement a joué un rôle structurant, notamment pour répondre à des crises humanitaires et soutenir des services essentiels. Aujourd’hui, ses limites apparaissent clairement, dans un contexte où le secteur privé génère plus de 80 % des emplois, alors que l’aide publique représente une part plus limitée des économies concernées.
Le rôle des marchés internationaux
L’intervention a également mis en lumière le potentiel des marchés situés en dehors des zones traditionnelles, notamment en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.
Le continent africain, avec plus de 1,5 milliard de personnes et une classe moyenne de plus de 300 millions, s’inscrit dans des dynamiques de croissance importantes. À l’horizon 2050, un consommateur sur quatre pourrait être africain, dans un contexte marqué par l’émergence d’une zone de libre-échange continentale représentant un PIB de plus de 3 000 milliards de dollars.
Ces marchés offrent des perspectives réelles, mais reposent sur des approches adaptées, fondées sur la compréhension des réalités locales, des cadres réglementaires et sur le développement de partenariats avec des acteurs du terrain.
Responsabilité sociale et environnementale
La responsabilité sociale et environnementale s’inscrit au cœur de ces dynamiques. Présentée comme un facteur de succès, elle contribue à la création d’emplois, à la réduction des risques et au renforcement de la performance à long terme.
Cette approche s’illustre notamment à travers des initiatives menées auprès de coopératives locales, permettant d’améliorer l’accès à des services essentiels pour plusieurs milliers de personnes.
Entrepreneuriat et engagement public
Le passage du monde entrepreneurial à la fonction de sénatrice s’inscrit dans une volonté d’agir à la fois sur le terrain et au niveau des cadres politiques.
« Ce n’est pas une rupture, mais une continuité. »
Cette transition s’accompagne d’une implication dans des travaux liés à l’engagement du Canada en Afrique, notamment à travers le rapport Canada-Afrique : saisir une opportunité stratégique, qui formule 21 recommandations.
Un appel à l’action
En conclusion, Amina Gerba a partagé plusieurs éléments à considérer pour les entrepreneur.e.s, notamment l’importance de développer une vision à long terme, de mieux comprendre les contextes locaux, de bâtir des partenariats solides et d’adopter une approche progressive.
Elle a également souligné l’importance d’intégrer la responsabilité sociale et environnementale dès la conception des projets. Elle a enfin adressé un message à la relève, en les invitant à jouer un rôle actif dans l’évolution des pratiques en matière de commerce et de développement international.
« Ne vous contentez pas de suivre les tendances, créez-les. Ne vous contentez pas de rêver, osez et agissez. »
L’ESG UQAM remercie l’honorable Amina Gerba pour sa participation, ainsi que l’ensemble des personnes présentes pour la qualité des échanges. Cet événement s’inscrit dans la volonté de l’École de proposer des espaces de réflexion en lien avec les enjeux contemporains et les expertises de sa communauté.










