Accueil Recherche Décortiquer les phases de la gestion d’un grand projet binational avec la professeure Monique Aubry et ses collaborateurs

Décortiquer les phases de la gestion d’un grand projet binational avec la professeure Monique Aubry et ses collaborateurs

Un projet de recherche mené depuis 2018 par Monique Aubry et ses collaborateurs analyse les premières phases de développement des grands projets d’infrastructure, à partir du cas du tunnel Lyon-Turin, en mettant l’accent sur les dynamiques sociales, les processus réels et la gouvernance plutôt que sur les seuls résultats finaux.

À la fin février 2026, Monique Aubry (professeure à la retraite du Département de management) s’est rendue à Turin, en Italie, pour marquer une étape importante dans la diffusion des résultats préliminaire d’un important projet de recherche amorcé en 2018 sur la gestion des grands projets. Mené en collaboration avec une équipe composée de plusieurs professeurs, dont Serghei Floricel, Saana El Boukri, Skander Ben Abdallah (tous et toutes du Département de management), de Maude Brunet (HEC Montréal) et de Pierre-André Hudon (Université Laval), ce projet s’inscrit dans une volonté de mieux comprendre les dynamiques complexes qui façonnent les premières phases de développement des grands projets d’infrastructure. L’événement, organisé sous forme de séminaire-atelier, visait à partager les résultats de la recherche avec les partenaires européens ayant contribué à l’étude, tout en soulignant leur précieuse collaboration.

Au cœur de cette recherche se trouve une étude de cas du projet du Tunnel Euroalpin Lyon-Turin (TELT), un vaste chantier binational entre la France et l’Italie. Face à un constat bien connu dans le domaine, c’est à dire celui de dépassements fréquents de coûts et d’échéanciers, l’équipe de recherche a choisi d’aborder le problème sous un angle différent. Plutôt que de se limiter aux résultats finaux, les chercheurs ont analysé en profondeur la phase amont des projets (phase de développement) en s’intéressant aux processus réels, aux interactions sociales, ainsi qu’aux tensions et aux mécanismes de gouvernance qui influencent leur évolution.

Les travaux ont permis de mettre en lumière plusieurs constats clés. D’une part, la performance des grands projets ne peut être réduite au simple respect des budgets et des délais. Elle repose plutôt sur une convergence essentielle entre la solidité de la solution technique et l’engagement des parties prenantes. D’autre part, l’étude du modèle de gouvernance binational du projet Lyon-Turin a révélé l’importance d’une structure où les décisions sont prises dans l’intérêt du projet lui-même, de façon souveraine. Cette approche favorise une coordination centrale efficace tout en laissant une marge d’adaptation aux réalités locales.

Alors que l’analyse se poursuit, les retombées de cette recherche s’annoncent prometteuses, tant pour les projets internationaux que pour des initiatives à l’échelle canadienne ou provinciale. En offrant une compréhension fine des mécanismes à l’œuvre dans les premières phases de développement, les travaux de l’équipe contribuent à enrichir les pratiques en gouvernance de projet et à ouvrir de nouvelles pistes pour améliorer leur réussite.

Enfin,  cet événement qui a réuni près de 100 personnes à Turin marque une étape importante dans la valorisation des connaissances produites, tout en renforçant les liens entre le milieu académique et les acteurs de terrain. L’équipe de l’UQAM a d’ailleurs été chaudement remerciée pour la pertinence de sa contribution et la rigueur de sa démarche de recherche.

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