Le professeur Guillaume Ethier (Département d’études urbaines et touristiques) et Alicia Fortin-St-Gelais (diplômée à la maîtrise en études urbaines) viennent de dévoiler les résultats d’une recherche sur l’imaginaire patrimonial du métro de Montréal et de ses célèbres voitures MR-63. S’appuyant sur une analyse rigoureuse d’archives, en plus d’avoir réalisé un sondage et des groupes de discussion, l’étude a été menée en collaboration avec le CRIEM et l’organisme MR-63. Ce dernier, lauréat d’un appel d’offres de la Ville de Montréal en 2016, projette d’intégrer les voitures bleues à un futur édifice culturel à Griffintown.
Mais comment la population perçoit-elle réellement ce patrimoine ? Les auteurs tentent de répondre à cette question « afin de mieux comprendre les représentations associées aux premières voitures du métro […] et, potentiellement, d’y découvrir un lien plus tangible avec le quartier d’accueil ». – Alicia Fortin-St-Gelais et Guillaume Ethier
Voici les cinq principaux constats qui ressortent de l’étude :
- Le métro de Montréal est perçu comme un symbole des années 1960 qui porte encore ses valeurs originales (ouverture sur le monde, optimisme) malgré un certain désenchantement par rapport à la foi dans le progrès caractéristique de cet Âge d’or de Montréal.
- Le métro de Montréal est un emblème de la quotidienneté dont le rôle consiste à relier les gens et les lieux.
- Le métro de Montréal est fortement associé à un paysage sensoriel fait de sonorités, d’odeurs, de sensations kinesthésiques et d’images auxquelles les Montréalais.ses sont attaché.es.
- Le métro de Montréal est pensé comme un espace public possédant quelques caractéristiques pouvant susciter des interactions sociales positive.
- L’intégration de l’imaginaire du métro de Montréal dans le projet MR-63 est perçue positivement malgré le fait que le réseau contourne Griffintown.
Au-delà de la simple nostalgie, les travaux Alicia Fortin-St-Gelais et de Guillaume Ethier soulignent que le MR-63 n’est pas qu’un objet technique, mais un véritable repère identitaire montréalais. Cette recherche démontre que pour réussir l’intégration de ces voitures au sein du tissu urbain de Griffintown, il ne suffit pas de les exposer : il faut qu’elles racontent une histoire en phase avec les attentes des citoyens.
————
Pour consulter le rapport complet : Fortin-St-Gelais, Alicia et Éthier, Guillaume (2025). L’imaginaire patrimonial du métro de Montréal & des voitures MR-63. Université du Québec à Montréal, Centre de recherche interdisciplinaire en études montréalaises (CRIEM), Montréal, 77 p.
Guillaume Ethier est également à l’origine du balado Cadre bâti, un espace de réflexion sur la ville et différents phénomènes urbains.




