Comment mieux collaborer face à la complexité?
Voilà une question qui sera au cœur de la 3e journée de l’Archipel collaboratif, le 21 octobre 2026, consacrée cette fois à la gestion de projets internationaux avec le Sud global. Une série de journées thématiques organisée par l’Observatoire québécois de recherche sur la collaboration (OQRC) dirigé par la professeure Caroline Coulombe, qui réunit chercheuses et chercheurs, gestionnaires, professionnelles et professionnels et autres acteurs de terrain autour des enjeux liés aux pratiques collaboratives.
Après deux premières journées consacrées aux marchés publics et à la santé au printemps, l’Archipel poursuivra sa réflexion cette année avec deux nouveaux rendez-vous consacrés aux projets internationaux, aux organismes philanthropiques et à l’industrie maritime et portuaire.
Du marché public à la santé : deux façons de penser la collaboration
Le premier évènement de l’Archipel Collaboratif, tenu le 29 avril 2026 à l’ESG UQAM, portait sur la collaboration dans les marchés publics. La rencontre a réuni près de 150 acteurs de projets publics : directeur.trices de projet, juristes, chercheuses et chercheurs ainsi que des experts, professionnelles et professionnels de l’industrie afin de faire le point sur les pratiques collaboratives au Québec dans nos projets d’infrastructure.
Les échanges ont notamment permis de mettre en lumière une question centrale : faut-il nécessairement formaliser la collaboration pour mieux collaborer? Contrats relationnels, approches collaboratives, mécanismes de décision en gouvernance collaborative et structures formelles favorisent les projets. D’autres cas de projet ont aussi été partagés ayant pour leur part connu beaucoup de succès grâce à des relations de confiance et sur des relations de travail rigoureuses et souples à la fois. La journée a ainsi fait ressortir un paradoxe : plus de règles ne signifie pas nécessairement plus de collaboration mais la formalisation de la collaboration favorise définitivement l’efficience recherchée. La Chaire Infra-S et la Chaire en gestion de projet ainsi que le GRIDD de l’ETS étaient partenaires de cette journée.
La deuxième journée, le 4 juin 2026, L’OQRC a déplacé la réflexion vers le secteur de la santé. Intitulée Penser la collaboration POUR et EN Santé, cette journée visait à explorer l’écosystème des pratiques collaboratives dans ce domaine, à partir des perspectives croisées de chercheuses, chercheurs et praticiennes et praticiens. Les discussions ont notamment porté sur les effets de la collaboration sur les personnes, les équipes, les projets, les disciplines et les organisations, ainsi que sur des expériences permettant d’identifier des leviers pour mieux collaborer en contexte de santé.
Comment décider ensemble sans ralentir l’action? La collaboration peut favoriser la circulation et le partage des savoirs. Elle favorise l’accélération de certains processus décisionnels et contribue à faire circuler les connaissances autrement. Le Vice-rectorat à la santé de l’UQAM a été un partenaire privilégié pour cette journée.
Ces deux premières journées de l’archipel collaboratif OQRC ont ainsi fait émerger un même constat : il n’existe pas une seule façon de collaborer. Les pratiques collaboratives doivent tenir compte des enjeux propres à chaque milieu, des dynamiques entre les acteurs, et des contraintes organisationnelles.
L’Archipel se poursuit cet automne
La réflexion se poursuivra cette année 2026-2027 avec trois nouvelles journées qui permettront de déplacer encore davantage le regard sur la collaboration.
Le 21 octobre 2026, l’Archipel collaboratif soutient les démarches de la professeure Marie-Pierre Leroux et de l’Observatoire canadien des crises et de l’action humanitaire (OCCAH) à la gestion de projets avec les savoirs du Sud global. Les échanges porteront notamment sur le pouvoir, la justice et la décolonisation en gestion de projets, les savoirs locaux et la coconstruction, ainsi que les collaborations interorganisationnelles et les enjeux interculturels. Des communications scientifiques, des études de cas, des ateliers interactifs et des tables rondes sont au programme. L’événement se tiendra en format hybride.
Ce troisième évènement de l’OQRC invite à questionner autrement les façons de concevoir et de gérer les projets, en portant une attention particulière aux rapports de pouvoir, aux asymétries entre les acteurs et à la place des savoirs locaux. Une occasion de mettre à l’épreuve certaines de nos façons habituelles de penser la collaboration. L’IEIM et l’OCCAH soutiennent cette journée fort stimulante et prometteuse.
Au début de 2027, l’Archipel prendra la direction des fondations et organismes philanthropiques. Cette journée s’intéressera à la manière dont prennent forme les projets à impact collectif et au rôle des fondations et des bailleurs de fonds dans ces démarches. Elle abordera également la façon dont la collaboration entre organisations, territoires et collectivités peut contribuer à générer un changement durable. La programmation complète sera annoncée prochainement en alliance avec le Philab. L’Archipel collaboratif poursuivra son parcours aux côtés du Réseau maritime du Québec (RMQ), de l’UQAR et de la Chaire Infra-S, pour une quatrième journée consacrée aux projets maritimes et portuaires. Une nouvelle occasion de croiser les regards de la recherche et du terrain autour des défis de collaboration propres à ce secteur. Une date à ne pas manquer pour la suite de l’Archipel!
Avec ces cinq journées, l’Archipel collaboratif propose donc un parcours à travers des secteurs et des réalités très différents, tout en revenant constamment à une même interrogation : comment développer des façons de collaborer ensemble afin de mieux composer avec la complexité?
Une réflexion qui se poursuit à l’ESG UQAM et qui, cet automne encore, ouvrira de nouvelles perspectives sur ce que signifie réellement collaborer.
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