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L’intrapreneuriat sous la loupe de la professeure Hela Chebbi

Dans un ouvrage de référence publié en 2026, Hela Chebbi analyse le profil des intrapreneurs, les formes de soutien organisationnel et le rôle de l’intrapreneuriat dans le développement et la relève des entreprises familiales.

L’intrapreneuriat permet aux employés de concevoir, expérimenter et lancer de nouvelles initiatives directement au cœur de l’organisation, dans une logique entrepreneuriale. Là où l’innovation se concentre sur le résultat, l’intrapreneuriat valorise l’initiative, la créativité et le processus qui rendent ces projets possibles. En anglais, on parle d’« intrapreneurship » (initiatives spontanées portées par les employés) ou encore « corporate entrepreneurship » (logique intrapreneuriale guidée et encadrée par l’organisation). Mais dans les deux cas, des projets intrapreneuriaux sont portés par des employés en interne pour développer de nouveaux produits/services, favoriser le renouvellement stratégique ou encore créer une nouvelle entité dans l’entreprise déjà établie.

Madame Hela Chebbi, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale et directrice scientifique du Groupe de recherche en Innovation Stratégique et Gouvernance (GRISG) étudie l’intrapreneuriat sous plusieurs angles. Son expertise l’a amenée à contribuer au premier ouvrage de référence sur le sujet, l’Encyclopedia of Corporate Entrepreneurship and Intrapreneurship publié chez Edward Elgar en début d’année 2026.

La professeure y co-signe trois articles qui font chacun la lumière sur un aspect de l’intrapreneuriat. Un premier article propose une analyse du profil des intrapreneurs et des défis (émotion, crédibilité, leadership, etc.) qu’ils rencontrent pour mener leurs projets intrapreneuriaux au sein des organisations. Le deuxième article publié dans l’encyclopédie présente les différentes approches de soutien organisationnel à l’intrapreneur en distinguant mentor, sponsor et manager. Enfin, le 3ème article traite de la place de l’intrapreneuriat dans les entreprises familiales.

Cette contribution dans l’encyclopédie s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche mené en partenariat avec la Fondation des Entreprises Familiales (FEF) au Canada. Les résultats issus de cette collaboration ont permis de mettre la lumière sur les initiatives intrapreneuriales portées par la nouvelle génération et leur rôle dans le développement et la pérennité des entreprises familiales. Plusieurs outils ont également été élaborés dans ce cadre pour évaluer le potentiel intrapreneurial de la NextGen, la maturité intrapreneuriale des entreprises familiales ou encore les pratiques d’accompagnement.

« La tradition, le patrimoine, la valeur sentimentale de l’entreprise et de sa culture, voilà autant de composantes émotionnelles qui caractérisent ces milieux d’affaires », précise la professeure. Cela peut expliquer la résistance de la direction, observée dans certains cas, face aux propositions nouvelles, à l’intégration d’approches différentes.

Une voie prometteuse pour le repreneuriat ?

De plus en plus, les entreprises familiales prospères intègrent judicieusement l’innovation tout en demeurant fidèles à leurs valeurs, à leurs racines. C’est dans ce cadre que mettre en place une stratégie intrapreneuriale peut se révéler un véritable levier pour l’entreprise familiale.

La professeure et son collaborateur, Olivier De Richoufftz, secrétaire général de la FEF, considèrent l’intrapreneuriat comme une façon de favoriser l’engagement des jeunes générations au sein des entreprises familiales. Il peut aussi stimuler la croissance tout en développant la succession de l’organisation. Bien sûr, la volonté et le soutien de la direction s’avèrent essentiels.

Elgar encyclopedia of corporate entrepreneurship and intrapreneurship (via la bibliothèque de l’UQAM)

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