En 2024, la professeure Marie-Louise Leroux, du Département des sciences économiques de l’ESG UQAM, déposait au CIRANO un rapport sur les politiques publiques de financement de la procréation médicalement assistée (PMA). Ses conclusions ont récemment refait surface, notamment à l’Assemblée nationale.
L’étude met en lumière la progression de l’infertilité à l’échelle mondiale, ainsi que les effets des traitements de PMA sur la santé des femmes et des bébés. Elle compare aussi les modèles de financement public au Québec, au Canada et à l’international. L’analyse soutient une intervention accrue de l’État pour accompagner les couples confrontés à des problèmes de fertilité.
Une politique québécoise à portée limitée
Comme le rappelle Marie-Louise Leroux, les politiques québécoises ont fluctué au cours des 25 dernières années : crédits d’impôt dans les années 2000, gratuité de trois cycles de fécondation in vitro (FIV) à partir de 2010, abolition du programme en 2015, puis réintroduction en 2021 d’un modèle couvrant un seul cycle. Or, les données montrent que les traitements de FIV nécessitent souvent plusieurs tentatives. Une étude américaine estime qu’il faut en moyenne trois à quatre cycles pour amorcer une grossesse.
L’étude de la professeure rappelle aussi que le taux de natalité demeure inférieur au seuil de remplacement dans la plupart des pays développés. Plusieurs facteurs expliquent la hausse des problèmes de fertilité, notamment le report de l’âge de la parentalité. Les impacts psychologiques associés à l’infertilité et au renoncement à avoir un enfant sont significatifs.
Mieux outiller les décisions publiques
La PMA constitue une option pour ces couples, mais elle s’accompagne de coûts financiers et d’investissements personnels substantiels, tant en temps qu’en termes de santé psychologique. La littérature montre que des programmes publics bien conçus favorisent le recours à ces services, ce qui souligne la nécessité de les encadrer afin de préserver le bien-être des couples concernés.
La chercheure souligne l’importance de mieux documenter les pratiques et les résultats au Québec. La collecte, l’accès puis l’analyse de données fiables permettraient d’orienter les décisions : nombre de cycles à financer, encadrement des pratiques, choix des techniques médicales, etc. Une politique cohérente doit s’appuyer sur des données probantes.




