Accueil Recherche Technologies 4.0 et qualité de vie au travail : jusqu’où va le pouvoir syndical ? Le professeur Lorenzo Frangi apporte des réponses

Technologies 4.0 et qualité de vie au travail : jusqu’où va le pouvoir syndical ? Le professeur Lorenzo Frangi apporte des réponses

Un article du British Journal of Industrial Relations, auquel a contribué Lorenzo Frangi, montre que les effets des technologies 4.0 sur la qualité de vie au travail dépendent de plusieurs éléments contextuels et de la capacité d’action des syndicats, en plus de la technologie elle-même.

L’Internet des Objets (IoT), l’intelligence artificielle (IA), le Big Data, la robotique avancée et l’infonuagique transforment les milieux de travail pour les rendre plus efficients. Mais l’implantation de ces technologies exerce une influence sur la qualité de vie au travail. Les acteurs syndicaux peuvent-ils en orienter les impacts ?  

Un article publié dans le British Journal of Industrial Relations, signé notamment par Lorenzo Frangi, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’ESG, avec des collègues européens et américains, fait le tour de la question. 

Le constat est clair : la technologie ne dicte rien à elle seule. Ses effets sur la qualité de vie au travail dépendent du contexte. Structure du secteur, intensité concurrentielle, pression du marché et capacité d’action des acteurs, dont les syndicats, façonnent les résultats. 

Deux sous-secteurs, deux dynamiques 

Pour étayer leur analyse, les chercheurs ont comparé des usines dans deux sous-secteurs de l’industrie des véhicules routiers et de leurs composants (fabrication de pièces automobiles et fabrication de camions) dans deux pays (Belgique et Pays-Bas) 

Dans la fabrication de camions, la production mobilise des expertises spécialisées selon la demande. Cette flexibilité crée des pointes d’activité. Elle augmente la charge de travail et expose davantage les employés à des risques en matière de santé et de sécurité. 

Dans la fabrication de pièces automobiles, l’automatisation domine. La concurrence impose un rythme soutenu. Les restructurations y sont fréquentes. Dans ce contexte, la priorité porte sur la sécurité d’emploi. 

Le levier syndical 

Les chercheurs ont mené plusieurs entrevues, organisé des groupes de discussion, visité les sites et examiné les conventions collectives 

Dans les usines de camions, les syndicats ont négocié des avancées tangibles : réduction de la charge de travail, amélioration des pratiques en santé-sécurité, consultation informelle lors de changements technologiques. 

Dans les usines de pièces automobiles, la marge d’action se resserre. La pression concurrentielle limite les gains. Malgré tout, le syndicat belge a obtenu une réduction des licenciements prévus et certaines garanties d’emploi. 

Agir avant plutôt qu’après 

Comme le résume le professeur Frangi, les gestionnaires et les représentants syndicaux gagnent à intervenir tôt, dès la conception et le déploiement des outils technologiques. En planifiant en amont, ils influencent l’organisation du travail et orientent concrètement les effets sur la qualité de vie des travailleurs. 

Pour consulter un autre récent article de Lorenzo Frangi.

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