Accueil Recherche Financement durable : l’âge des décideurs pèse-t-il dans la balance? La professeure Axelle Heyert s’est penchée sur la question

Financement durable : l’âge des décideurs pèse-t-il dans la balance? La professeure Axelle Heyert s’est penchée sur la question

La recherche d’Axelle Heyert montre que les banques dirigées par des personnes plus jeunes sont plus enclines à accorder des prêts durables, contrairement à celles dirigées par des dirigeants plus âgés. Les valeurs liées à l’âge influencent les décisions financières et la diversité générationnelle au sein des directions pourrait favoriser la transition durable.

La professeure Axelle Heyert (Département de finance de l’ESG UQAM) s’est penchée sur l’effet de l’âge des dirigeants des institutions bancaires sur la propension de l’institution à accorder des prêts durables. Les résultats de ses travaux font l’objet d’un article dans le numéro de juin 2026 du Research in International Business and Finance

Comme le souligne Mme Heyert, les banques façonnent le développement économique et peuvent jouer un rôle clé dans la transition durable en favorisant le financement des projets verts ou à portée sociale. La professeure s’est donc questionnée sur les facteurs pouvant orienter l’octroi de ce type de prêt. L’engagement envers le développement durable est notamment déterminé par des valeurs personnelles, lesquelles varient selon les caractéristiques individuelles, comme l’âge. Comme la stratégie des banques en matière de durabilité découle des décisions prises au niveau du conseil d’administration et de la haute direction, une question centrale se pose :  L’âge des dirigeants des banques est-il associé aux pratiques de financement durables? 

Des prêts durables? 

Le financement durable se traduit par des prêts accordés à des projets environnementaux ou sociaux, des prêts dont l’octroi est conditionnel au respect de critères de performance durable, ou encore du financement alloué à des organisations dont le secteur d’activité est durable (ex.: biocarburants, fermes biologiques, équipements et services en énergie renouvelable). 

Un impact significatif 

La chercheure a ainsi effectué des analyses sur un échantillon combinant des données sur les prêts, les entreprises et les banques. Les résultats montrent que les prêts durables sont significativement moins susceptibles d’être consentis par des banques dont les dirigeants sont plus âgés, ce qui appuie l’idée que les individus plus jeunes accordent davantage d’importance aux enjeux de durabilité. Ainsi, la probabilité d’octroi d’un prêt durable augmente dans les banques où la présence de milléniaux est plus élevée, alors que l’inverse s’observe pour la génération des baby-boomers et la génération silencieuse. 

Une affaire de valeurs, de diversité 

La professeure Heyert estime donc que la transition durable est influencée par les caractéristiques des individus, par leurs valeurs, et pas seulement par les politiques publiques ou par les marchés. Elle ajoute que pour favoriser la transition durable, les banques pourraient accueillir dans leurs rangs des personnes de différentes générations, mais surtout assurer un renouvellement de leurs dirigeants. À son avis, la diversité d’âge, tout comme on le fait de plus en plus en matière de diversité de genre, pourrait être également prise en compte dans la formation des instances de dirigeance, afin de favoriser la transition. 

Pour consulter la publication d’Axelle Heyert 

Partager